« Qui mérite de vivre ? »

technocratie, IA, ethique, arielle kitio

La question semble brutale. Pourtant, elle se pose déjà dans les algorithmes, dans les décisions médicales assistées par l’IA et naturellement dans les laboratoires.

La technocratie installe progressivement ce que Larry Page et Elon Musk appelent un « dieu numérique » : des systèmes qui évaluent, trient, décident de la viabilité humaine selon des critères encodés.

Prenons un exemple concret :

Lorsqu’on utilise l’IA pour évaluer la viabilité d’un embryon, on s’appuie sur des données d’entraînement. Ces données et modèles font des arbitrages. On peut se demander à juste titre : le risque de drépanocytose (prépondérant chez les populations d’Afrique subsaharienne) a-t-il le même poids que le risque d’Alzheimer (prédominant chez les populations d’Europe de l’Ouest) ?

Qui décide de ces pondérations ? Sur quelles vies, quelles populations, quels corpus de données ces algorithmes ont-ils été entraînés ?

Si ces questions ne sont pas posées (et les responsabilités prises), la frontière entre progrès scientifique et eugénisme devient floue, dangereusement floue.

Car qui décide ce qu’est un embryon viable ? Un être humain « optimal » ? Et selon quels critères : la performance économique, la conformité sociale, l’absence de « défauts » jugés indésirables par une norme dominante ?

Soyons lucides. La technologie n’est plus seulement un outil au service de l’humain. Elle est potentiellement un instrument de contrôle, de colonisation des esprits, et plus interpellant encore, la technologie devient un instrument de hiérarchisation des vies.

Les risques sont concrets et surtout immédiats:

  • Le totalitarisme : des systèmes qui décident pour nous, sans nous.

  • L’eugénisme : une sélection invisible, algorithmique, qui trie les vies avant même qu’elles ne commencent.

  • L’invisibilisation : des populations entières dont les réalités, les maladies, les singularités ne sont même pas représentées dans les bases de données qui forment ces « dieux numériques ».

Posons la question clairement :

Qui décide qui mérite de vivre ? Et surtout, qui décide des critères ?

On me regarde souvent avec surprise quand j’amène ce débat. Avec mon background on attend de moi des solutions techniques, des optimisations, de l’efficacité. Mais c’est justement parce que je sais comment sont construits les systèmes que j’interroge. Je sais que derrière chaque ligne de code, il y a un choix. Et derrière chaque choix, une vision du monde. Que ce soit conscient ou pas.

C’est pourquoi dans ma chronique sur AFOMedia, je décortique ces enjeux pour les rendre accessibles à tous. Parce que personne ne devrait être exclu de ces conversations qui décident de notre avenir collectif.

Si nous laissons cette décision aux seuls technocrates, aux seules entreprises qui possèdent les données et contrôlent les algorithmes, nous acceptons une forme moderne de colonisation : celle des corps, des gènes, de l’avenir même de nos enfants.

Il est encore temps d’agir : questionner, exiger la transparence, imposer des garde-fous. Pas contre la technologie, mais pour une technologie qui serve réellement tous les humains, sans exception.

Rejoignez la conversation sur AFOMedia. Parce que l’avenir de l’humanité ne se décide pas sans nous.

Share

Facebook
Twitter
LinkedIn

Cited twice by Forbes Afrique among the young leaders transforming the continent, ambassador NASA Space Apps, Next Einstein Forum and TechGirls, member of the African Union AI Advisory Group.

Other articles

Other articles

technocratie, IA, ethique, arielle kitio
Read more
WhatsApp Image 2026-01-23 at 5.27
Read more
White Yellow Modern Business Quote LinkedIn Post (5)
Read more